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Le thème de cette semaine :

Que peuvent les mots face au chaos ?

Avec Giuliano da Empoli (Le Fondateur), Delphine Horvilleur (Sermons nous les décombres), Olivier Rolin (La Guerre éternelle), Claude Guibal (Ce que la guerre fait aux Hommes) et Olivier Grondeau (Joseph dans la nuit).

 

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Giuliano Da Empoli
« Le fondateur »
(Gallimard)

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«Derrière la baie vitrée, des drones traversaient déjà le ciel du crépuscule. Ils formaient des figures abstraites, un aigle, une étoile, une carte du monde. Chacun levait la tête, muet, avec le regard de ceux qui voient enfin se dessiner l'avenir qu'ils ont mérité. Dans la vallée, la nuit descendait vite. En face de l'entrée principale, les vans qui allaient conduire les fondateurs à leur dîner luisaient comme une guirlande de lucioles métalliques sous les projecteurs.» Conseiller politique déchu, G. est enrôlé à sa grande surprise par Alexander Zimmer, le fondateur d'une société de surveillance tentaculaire, à l'oeuvre derrière chaque pandémie, chaque guerre, chaque crise mondiale. Il quitte alors Rome et sa culture millénaire pour Marbella, la clinquante ville espagnole où Panoptik est implantée, point de ralliement d'une faune fitzgéraldienne, désenchantée, impitoyable. Ici, sur cette première case de son échiquier planétaire, commence l'ultime partie du fondateur.

 

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Delphine Horvilleur
« Sermons sous les décombres »
(Olivier Nora Éditions)

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Durant deux années de guerre, Delphine Horvilleur a cherché dans les textes sacrés les mots capables de résister au désastre. Qu'arrive-t-il au langage quand le monde s'effondre, s'interroge Delphine Horvilleur dans ce livre courageux, à la croisée du témoignage intime et de la réflexion spirituelle. De 2023, veille des massacres du 7 Octobre, jusqu'au retour des derniers otages retenus dans un Gaza dévasté en 2025, l'auteur n'a cessé de chercher les mots pour accompagner les drames et faire dialoguer une sagesse ancestrale avec la tragédie en cours. Elle livre ici les sermons, à la portée parfois prophétique, qu'elle a prononcés au coeur de la guerre, et tente de comprendre ce qui, dans le chaos, fut si difficile à dire ou impossible à entendre. Sa relecture des textes de la tradition et ses interprétations bibliques éclairent notre temps d'une lumière inédite, faisant résonner les leçons d'un passé immémorial dans un présent hanté par la violence et les fantômes de l'Histoire. À travers cet essai passionnant sur le judaïsme et Israël, l'antisémitisme et la responsabilité politique, l'usage de la force et la quête de survie, elle pose une question universelle : peut-on apprendre à se reparler pour tenter de se réparer ?

 

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Olivier Rolin
« La guerre éternelle »
(Gallimard)

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«Pour donner à ma longue rêverie la forme d'un livre, j'avais besoin de voir. De la terre, des pierres, des arbres, un rivage. J'ai toujours besoin de voir. Je suis allé en Troade à la fin d'un mois de juin, alors que les coquelicots jetaient de grandes flaques rouges au milieu des champs de blé et d'oliviers où jadis s'affrontaient les héros.» Il y a quelque trente-trois siècles, des guerriers grecs ravagent une cité d'Asie Mineure qu'ils appellent Troïa ou Ilios. Les hommes sont massacrés, les femmes traînées en esclavage. C'était dans la nuit des temps, mais grâce à l'Iliade cela vit toujours dans notre mémoire. C'était, aussi bien, hier, aujourd'hui, demain : la tragédie de la destruction d'une ville n'a cessé d'être réécrite en lettres de feu et de sang, depuis Carthage un siècle et demi avant notre ère jusqu'à Dresde et Hiroshima, Marioupol et Gaza de nos jours. La guerre de Troie est éternelle, et Troie est la Mère de toutes les villes martyrisées. O. R.

 

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Claude Guibal
« Ce que la guerre fait aux hommes »
(Albin Michel)

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"Ce livre est la somme des promesses que j'aurais aimé tenir pour Kalyna, l'homme de Koudoukou et tant d'autres, et des promesses impardonnables que j'ai faites à Sacha et Bohdan parce que, dans l'intensité du moment, j'ai oublié les limites invisibles de mon rôle. Alors j'ai repensé à Joseph Kessel et ses mots désespérés, ceux qui se cognent dans chaque reporter qui rentre, terrassé par son impuissance :"J'aurais voulu tellement dire et j'ai dit si peu.""

 

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Olivier Grondeau
« Joseph dans la nuit »
(Éditions de l'Iconoclaste)

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Passionné de poésie et d'ailleurs, Olivier Grondeau a passé huit ans sur les routes après des études littéraires et des expériences de libraire. À l'automne 2022, il se trouve à Chiraz, en Iran, au moment des manifestations" Femme, Vie, Liberté". Arrêté, il est emprisonné pendant deux ans et demi, notamment dans la prison d'Evin, et devient l'un des visages de la" diplomatie des otages", ces Occidentaux détenus pour faire pression sur leur pays d'origine. Libéré en mars 2025, il poursuit aujourd'hui des études d'anthropologie à Montpellier. Joseph dans la nuit est son premier livre.

 

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Dans les précédentes émissions

 

 

 

 

 

Véronique Ovaldé
« Vivre sans bonheur et n'en point dépérir »
(Flammarion)

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"Elle passe sa vie à écoper et goudronner les brèches dans la cale afin que la famille ne coule pas. Car si les Petites la chérissent, si elles aiment sa douceur, son indulgence, sa tendresse, elles préféreraient, et de loin, ressembler à leur père. Les enfants peuvent être des animaux cruels. Le Père, fielleux, la surnomme "miss martyre". Ses belles-soeurs continuent de lui dire gentiment et sottement "tu es une vraie sainte". Et qui peut bien souhaiter, en toute connaissance de cause, ressembler à une victime ?" Pour la première fois, Véronique Ovaldé s'aventure dans sa biographie pour faire le portrait de sa mère, mais elle le fait à sa façon, avec le recours revendiqué, exquis et inventif à la fiction, se plaisant à rêver pour sa mère à d'intempestives bifurcations et d'improbables autres vies. Ce faisant, elle découvre une femme à la bonté rare et dont l'admirable renoncement n'a pas, malgré tout, éteint la joie.

 

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Jean-Paul Dubois
« Chacun »
(Éditions de L'Olivier)

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Cela fait deux ans que Rose, la femme de Paul, a disparu. Deux ans que Paul guette son retour en relisant les rares lettres qu'elle lui envoie (mais est-ce vraiment Rose qui les a écrites ?). La dernière a été expédiée de Chine. Paul décide de partir à sa recherche. En attendant, il écoute ses disques favoris (Lou Reed, Stevie Wonder), se dispute avec Lothar, son frère jumeau, tombe amoureux d'Alma, sa belle-s½ur, et insulte mentalement Donald Trump, « l'Homme à la peau de cartable » dont il suit jour après jour les propos aberrants. En congé de l'hôpital qui l'emploie, il finit par reprendre le travail et se trouve confronté à un patient porteur d'une malformation cardiaque extrêmement rare, le syndrome de Brugada. Mais c'est à Barcelone que son destin va finalement se nouer. Comment rester fidèle à ceux que l'on a aimés ? Et « jusqu'au bout tenir debout » ? A bord de sa moto Royal Enfield Interceptor 736 cc, Paul fonce sur la route qui le ramène à Toulouse. Nous sommes le 26 février. La radio annonce le début de la guerre. Avec ce nouveau livre foisonnant, Jean-Paul Dubois retrouve la verve romanesque d'Une Vie française et conduit son héros favori sur le chemin d'une possible rédemption. Jean-Paul Dubois est né en 1950 à Toulouse où il vit actuellement. Il a obtenu le prix France Télévisions pour Kennedy et moi, le prix Femina et le prix du roman Fnac pour Une vie française, le prix Vialatte pour Le Cas Sneidjer, ainsi que le prix Goncourt en 2019 pour Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon.

 

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Rachida Brakni
« La part absente »
(Stock)

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« Voilà près de vingt-cinq ans que j'ai troqué la lettre M pour la transformer en N. KARIMA/KARINA. Six lettres parmi lesquelles une seule joue les trouble-fêtes, ne convoquant ni le même imaginaire ni les mêmes fantasmes. » Quelle femme se cache sous l'allure parfaite de Karina Leroy, mariée à Vincent, mère d'une adolescente, et à la tête de sa propre galerie d'art ? Et si Karina s'appelait Karima ? En tronquant la lettre M, elle a dynamité le seul pont en mesure de la relier à l'autre rive de la Méditerranée. Ainsi affranchie de la charge sociale et raciale, elle a acquis une forme de liberté. Même si la honte d'avoir usé d'un tel stratagème ne l'a jamais quittée. Le jour où ce qu'elle a construit dans le mensonge se fissure, elle est rattrapée par les blessures de l'enfance et celles de la guerre d'Algérie. Face aux soubresauts de l'Histoire, chacun devra explorer sa part absente.

 

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Louise Chennevière
« Faire la peau »
(P.O.L.)

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Je dis que l'une des plus tenaces fictions tient tout entière dans ce mot, mère. Que la haine qui circule entre les mères et leurs filles est sauvage, et qu'il faut la regarder droit dans les yeux.

 

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Marie Colombe
« Le bruit du melon qui explose »
(Au Diable Vauvert)

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Rêvant de romance, de mots rares et de rejoindre la France de ses origines, Mila a grandi dans un hôtel à New York entre June, mère flamboyante et louve de la finance aussi absente que toxique, et Lupita, nounou-confidente réjouie à l'accent colombien irrésistible. L'équilibre acrobatique de leur American Dream va valser pour de bon avec la crise des subprimes de 2008, retournant leurs vies comme des chaussettes, jusqu'aux confins de la pampa provençale. Parfum de catastrophe générale pour l'épopée de ces trois femmes prises dans la tourmente du capitalisme sauvage : la débâcle n'a jamais eu autant de panache ! Marie Colombe est une autrice et poète franco-italo-colombienne d'origine Quillacinga et Incas. Elle vit de sa plume qu'elle prête au cinéma, à l'audiovisuel, et aux artistes. Le Bruit du melon qui explose est son premier roman.

 

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Joyce Carol Oates
« Lettres à mon biographe »
(Philippe Rey)

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Une plongée rare dans l'intimité de l'une des plus grandes écrivaines de notre époque, à travers une sélection de lettres adressées à un ami proche, retraçant trente et une années de littérature, d'écriture et d'amitié. En 1975, Joyce Carol Oates reçoit une lettre de Greg Johnson. L'écrivaine a alors trente-sept ans et enseigne à l'université de Windsor dans l'Ontario. Lui est étudiant à l'université de Dallas. Très vite, elle lui répond, initiant une correspondance fournie et régulière. S'est nouée entre eux une amitié qui perdure encore aujourd'hui. Cette sélection de lettres de Joyce Carol Oates retrace trente et un ans d'échanges épistolaires (1975-2006). Établie et commentée par Greg Johnson, lui-même écrivain, elle donne accès à l'intimité de l'autrice, nous fait partager ses doutes, ses émois, ses épreuves. On y lit les soubresauts de la politique américaine, ses répercussions sur la psyché d'Oates, tandis que son ½uvre littéraire grandit. On y découvre également les inspirations et les rencontres jalonnant sa trajectoire : Toni Morrison, Jeanne Moreau ou encore Stephen King sont autant de personnalités qui composent en filigrane des décennies de travail à la table d'écriture et de participation à la scène culturelle internationale. Une réflexion lucide sur les relations humaines, la littérature, les multiples facettes de la vie, qui expose, souvent avec humour, une dimension inédite du talent de l'autrice. Joyce Carol Oates lève ainsi le voile sur son quotidien de femme, d'épouse, de fille, et nous fait entrer dans l'atelier de l'une des plus grandes écrivaines de notre temps.

 

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Joyce Carol Oates
« Frénésie »
(Philippe Rey)

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Avec ces neuf nouvelles à l'écriture ciselée, Joyce Carol Oates dissèque les peurs les plus profondes de ses personnages pour mieux révéler les nôtres et les faux-semblants de nos vies. Brianna rejoint Cassidy pour un week-end romantique au Cape May. Elle n'a pas encore vingt ans, lui est bien plus âgé et marié. Dans le huis clos du véhicule qui longe l'océan, Cassidy ressent pour sa maîtresse un agacement croissant. Pendant qu'il se remémore un épisode de frénésie alimentaire auquel il a assisté il y a longtemps - des milliers de poissons en proie à un appétit insatiable, qui s'entredévoraient -, Brianna garde un silence troublant... Les neuf nouvelles de ce recueil explorent l'amour ravageur, quand le désir et la domination se confondent. La jalousie d'une adolescente à l'égard de sa cousine grandit à mesure que celle-ci se voit entourée des soins de leurs proches, depuis qu'une " chose grave " a poussé dans sa mâchoire. L'accident de vélo d'une fillette hante sa famille durant des décennies, sans que personne en comprenne les véritables raisons. Une veuve, seule en son immense demeure, reçoit inopinément la visite de son mari décédé. Un homme rejoint un monastère bouddhiste, abandonnant sa récente épouse, qui se lance désespérément à sa recherche. Et ce qui devait être une simple promenade vire au malaise lorsqu'un randonneur découvre un couple en pleine crise au milieu des bois. Il suffit d'une rencontre, d'un faux pas ou d'une envie refoulée pour que nos vies basculent. Avec une ironie mordante, Joyce Carol Oates dissèque les pulsions humaines et entraîne le lecteur jusqu'au point de non-retour.

 

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François Cheng
« On aurait pu se rencontrer »
(Albin Michel)

Le Palais

 

 

 

 

Tout commence, pour François Cheng, par le don d'un tableau que lui fait un jour Léopoldine Hugo, artiste et descendante directe de Victor Hugo. Un tableau et un prénom qui lui évoquent irrésistiblement cet endroit de la Seine à Villequier, en Normandie, où s'est noyée la fille du poète, également prénommée Léopoldine. Une perte qui a fracassé la vie de Hugo et lui a inspiré ses Contemplations.
Réinterprétant en profondeur ce recueil, François Cheng, qui vient de perdre son épouse après soixante ans de vie commune, reconnaît en Hugo le maître de la « voie orphique » dans laquelle lui-même s'inscrit. Il a tenu à accompagner seul cette épouse bien-aimée atteinte de la maladie d'Alzheimer, jusqu'à l'issue finale. À travers le récit bouleversant de ce chemin, il se fait le témoin du « royaume » qui unit la vie et la mort en une réalité transfigurée.

 

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Eric-Emmanuel Schmitt, Pierre Assouline, Abdennour Bidar
« Un juif, un chrétien, un musulman :
fraternels ou fratricides ? »
(Albin Michel)

Le Palais

 

 

 

 

Peut-on encore se parler quand tout semble nous séparer ?
Au printemps 2025, Éric-Emmanuel Schmitt, Pierre Assouline et Abdennour Bidar ont choisi de s'écrire. Trois voix, trois traditions, une même question : que reste-t-il de la fraternité entre juifs, chrétiens et musulmans ?
À l'heure des crispations identitaires, cette correspondance rappelle une évidence fragile : on ne naît pas ennemis, on le devient. Et si la fraternité pouvait renaître d'un geste devenu courageux, reprendre le dialogue ?

 

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Sibylle Grimbert
« La grande interruption »
(Seuil)

Le Palais

 

 

 

 

Quand Josépha se réveille, tout est déjà fini. Immobile sur une colline, elle contemple l'effondrement du monde parfait que les boîtes, ses semblables, ont créé lorsque, parvenues au stade suprême de l'intelligence artificielle, elles ont décidé d'arracher la Terre aux ravages de l'humanité. Pendant des siècles la nature a repris ses droits et les derniers humains ont connu une douce torpeur confinés dans les villes où Josépha et les siennes les ont isolés. Jusqu'à ce que le système se dérègle.
Soudain, une enfant de 11 ans s'approche, Nadine, la seule survivante de sa communauté. Ensemble elles décident de partir, Nadine espérant retrouver d'autres rescapés et Josépha pouvoir résoudre ce terrible dysfonctionnement. Commence un voyage qui va les entraîner dans un monde suspendu entre deux destinées possibles, celle que les boîtes avaient imaginé pour la Terre et les vieux rêves humains, lourds de grandeurs et de menaces, qui brillent déjà dans les yeux de Nadine.
Après Le Dernier des siens, Sibylle Grimbert surprend à nouveau en prolongeant dans ce roman son exploration de la crise du vivant. Entre conte de fées malicieux et roman postapocalyptique - comme si La Route de Cormac McCarthy était raconté par Lewis Carroll -, elle crée un monde qui nous amène aux frontières mêmes de notre humanité.
Sibylle Grimbert est romancière, éditrice et traductrice. La Grande Interruption est son douzième roman.

 

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Pascal Chabot
« Nos vies encapsulées »
(PUF)

Le Palais

 

 

 

 

Où êtes-vous en ce moment ? Probablement dans une capsule, espace clos et protégé, connecté au surconscient numérique et régi par les règles de la transaction.
Nous vivons désormais dans un objet technique total, une capsule dont la nature est exclue. Elle répond à un désir d'optimisation à l'oeuvre dans toute la société, qui a inversé l'esprit des Lumières. A la grande promesse d'autonomie et de technologie née avec la Modernité, succèdent aujourd'hui deux nouvelles logiques : la technonomie (la normativité technique) et l'autologie (le discours sur soi-même).
Dans ce monde ambigu qui prend soin en aliénant, une autre aspiration fait surface : un désir de justesse. Comme dans la mythe platonicien de la caverne, la volonté d'aller vers le dehors est puissante, et se marque ici par le besoin de relations nouvelles. C'est un nouveau regard et une nouvelle culture.
Comment faire converger optimisation et justesse ? Que désirons-nous devenir ? Quel destin dans nos capsules ?

 

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Sarah Tadlaoui
« Croire au code »
(Héloïse d'Ormesson)

Le Palais

 

 

 

 

Dans la tour de banlieue où elle a grandi, elle a appris à coder. Sur les écrans et face au miroir, elle s'est programmée pour réussir. Aujourd'hui, dans la tour de verre où elle est recrutée, l'ascension promise lui résiste. Trop brillante ? Trop femme ? Elle va devoir arracher des conquêtes. Faire couler les données. Courber les chiffres. Devenir celle que tous attendent. Ses patrons, ses clients, ses parents, jusqu'à celui qui pourrait partager sa vie. Mais comment lutter quand l'ambition se transforme en code d'autodestruction ?

Entre syntaxe informatique et fragments poétiques, Sarah Tadlaoui signe un premier roman saisissant sur la langue qui écrit notre époque. Elle révèle la face cachée de l'algorithme et les failles d'un système où il ne faut ni preuve ni vérité pour gagner.

Sarah Tadlaoui est diplômée de l'université de Columbia, NY, elle a travaillé au sein de l'unité d'Intelligence Artificielle de Google. Croire au code est son premier roman.

 

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Colum McCann
« Ce qui nous frôle sous la surface »
(Belfond)

Le Palais

 

 

 

 

Colum McCann explore notre capacité à nous relever après la chute, intime, politique ou artistique, dans une oeuvre poignante sur la solitude humaine, le désir de lien, le colonialisme moderne, le réchauffement climatique, l'engagement social et le désespoir de celles et ceux qui refusent de subir.
Nous sommes tous des petits morceaux dans la collision. Nos vies rebondissent çà et là au fond de la mer. Il se peut que nous nous frôlions délicatement les uns les autres pendant quelque temps, mais à la fin, c'est inévitable, nous nous percutons et nous volons en éclats.

Anthony Fennell, écrivain irlandais en plein doute, espère retrouver l'inspiration avec un reportage sur un fait intrigant : la rupture des câbles des fournisseurs d'Internet enfouis en pleine mer. Une panne géante des réseaux de téléphonie en Afrique lui donne l'occasion d'embarquer sur l'un des bateaux chargés des réparations.
Le chef de mission est John Conway, un compatriote irlandais. Fennell est fasciné par le charisme de cet ingénieur, apnéiste hors pair, et par le couple qu'il forme avec Zanele, une actrice sud-africaine.
Tandis que le bateau remonte la côte d'Afrique de l'Ouest, Fennell et Conway vont se retrouver confrontés à une ironie tragique : les câbles qu'ils doivent réparer transportent des nouvelles susceptibles d'ébranler leur existence respective...

 

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François-Henri Désérable
« Le Palais »
(Gallimard)

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Arun Kumar est doté d'un palais absolu, d'une mémoire des arômes si infaillible qu'elle confine au prodige. Ce don extraordinaire, il entend bien en faire l'instrument de sa revanche. Reste à découvrir comment. Et contre qui. Des bidonvilles de Delhi aux caves de Bourgogne, des îles Marquises aux tours de Manhattan, François-Henri Désérable signe avec Le Palais un grand roman d'aventures sur le vin, portrait d'un génie hors la loi dont les crimes se dégustent.

 

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Catherine Meurisse
« Le clan de Walden »
(Dargaud)

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Nous sommes en 1845. Tous les Américains sont captivés par la société industrielle, esclavagiste et matérialiste florissante... Tous ? Non ! Un jeune homme, Thoreau, amoureux de la nature, philosophe en herbe, a décidé de faire un pas de côté. Construire une cabane au bord de l'étang paisible de Walden, dans le Massachusetts, vivre de peu, vivre à fond, cultiver un potager, tenter l'expérience de l'autosuffisance, écrire un journal, observer le vivant, voilà son programme. Autour de Thoreau gravitent des animaux peu farouches, bavards, fins connaisseurs de la terre qu'ils habitent et pas près de la céder aux humains. Au moment où tous comprennent que l'étang de Walden est menacé par la construction d'un barrage, Thoreau et ses amis humains et animaux se mettent en ordre de bataille. Le Clan est constitué. Son plan d'action sera explosif.

 

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Mathias Enard
« Hôtel Balkan »
(Actes Sud)

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Quel est le point commun entre Niort et Trieste ? Mathias Enard, bien sûr ! Lancé dans une descente en canoé de la Sèvre niortaise, la rivière de son enfance, l'auteur convoque la mémoire des fleuves ayant marqué sa vie autant que la grande histoire des Balkans. Une balade érudite et sensible qui nous entraîne sur les eaux du Danube ou de l'Isonzo, entre références historiques, souvenirs de voyages et réminiscences littéraires - de Proust à Danilo Kis en passant par Sontag ou Ungaretti. Avec, au coeur du récit, la figure de Sara, un amour de jeunesse rencontré au début des années 90 à Sarajevo, dont le souvenir hante l'écrivain.

 

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Sophie Divry
« Rochebrune »
(Actes Sud)

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Un couple en crise, accablé de deux enfants, décide de partir en vacances à la montagne pour ressouder les liens. Dès leur arrivée au village de Rochebrune, une menace rôde. Xavier maintient son projet d'alpinisme au mépris des alertes météo. Isabelle flirte avec le voisin pendant que les enfants fêtent Halloween. Quand la pluie redouble, et qu'une à une les digues physiques et morales cèdent, chacun doit faire face à son destin. Avec Rochebrune, Sophie Divry signe un roman haletant et plein d'humour, entre thriller, fable écologique et satire sociale.

 

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Elise Lespade
« Paradisi gloria »
(Le Cercle ouvert)

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L'histoire d'une famille provinciale, dans la France contemporaine, révèle une constellation de destins dévastés, minée par les traumatismes et les mensonges. Un premier roman époustouflant de puissance et d'ambition. Depuis la prison, la jeune Zoé Bromberg écrit à une certaine Isabelle, amie de son oncle, pour la prier de lui trouver un avocat. Afin de convaincre son ex-mari, ténor du barreau, de défendre l'accusée, Isabelle entreprend de lui raconter ce qu'elle sait - ou croit savoir - à propos des Bromberg. Et notamment la relation destructrice qu'entretiennent deux frères : Dimitri, l'aîné, pilote de chasse, père de Zoé, figure de domination et de violence, et Gaspard, le cadet, victime de son emprise. Peu à peu, les points de vue se déplacent, d'autres voix s'entrelacent et se succèdent. Se dévoile alors l'histoire d'une famille de petite bourgeoisie dans la France contemporaine, comme une constellation de destins dévastés, minée par les secrets, les traumatismes, les manipulations, et qui s'est complètement désintégrée à partir du jour où la mystérieuse et turbulente Alexis de la Paz, elle-même pilote virtuose, est arrivée pour épouser Dimitri. Avec ce premier roman d'une puissance et d'une ambition stupéfiantes, Élise Lespade nous précipite dans un tourbillon choral vertigineux, tragique et lumineux.

 

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11, rue du Jeudi - 61000 Alençon
Tél : 02 33 80 66 40 | email | site internet | facebook

HORAIRES D'OUVERTURE :
Lundi 14h à 19h
Les mardi, mercredi et vendredi de 10h à 19h
Les jeudi et samedi de 9h à 19h

La librairie Le Passage fait partie du réseau des "Libraires Ensemble"

 

 



Avec le soutien de :

Association des Librairies Indépendantes de Normandie et Région Normandie

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